JCILe Conseil économique et social (CES) tient du 29 mars au 19 avril 2011 sa première session ordinaire de l'année 2011 sur le thème : « Les enjeux socioéconomiques du développement des biotechnologies au Burkina Faso : cas des Organismes génétiquement modifiés (OGM).Nous vous proposons le discours d'ouverture de la session.

ALLOCUTION DE MONSIEUR THOMAS SANON, PRESIDENT DUCONSEIL ECONOMIQUE ET SOCIAL, A L’OUVERTURE DE LAPREMIERE SESSION ORDINAIRE DE L’ANNEE 2011Salle de conférence des Archives nationales, 29 mars 2011

Excellences Messieurs les Présidents d’Institutions ;

Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement ;

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs ;

Mesdames et Messieurs les Représentants des Organisations

Internationales et interafricaines ;

Honorables Députés, Autorités administratives, militaires et paramilitaires,

Autorités coutumières et religieuses Mesdames et Messieurs les Conseillers ;

Honorables invités

Mesdames et Messieurs

Ce début d’année a été marqué par de fortes secousses sociales à travers le monde, avec en toile de fond des revendications à plus d’espaces de liberté, de démocratie et meilleures conditions de vie. Notre pays, en plus des souffrances que connaissent nos compatriotes suites aux troubles post-électorales en Côte-d’Ivoire a été fortement éprouvé par les violences consécutives aux événements malheureux de KOUDOUGOU et à la fronde d’éléments de l’armée à OUAGADOUGOU.

Nous voudrions en cette cérémonie solennelle d’ouverture de notre

1ère session de l’année 2011, en appeler à la sagesse, au sens civique, à la responsabilité, à l’apaisement et à la retenue de toutes les parties prenantes afin d’éloigner de notre pays le spectre de la confrontation, de l’instabilité et du chaos. Rien n’est aussi précieux pour un pays que la paix et la stabilité. On ne mesure jamais aussi bien leur importance que lorsqu’on les a perdues. Qui que nous soyons, où que nous soyons, sachons toujours raison garder pour ne pas ébranler ce socle sans lequel tous nos efforts seront vains. Je voudrais également en cette occasion solennelle, nous associer à la douleur des victimes de la nuit du 22 au 23 mais aussi et surtout à l’affliction et au deuil des familles éplorées suite aux événements de KOUDOUGOU et je voudrais vous demander que nous puissions observer une minute de silence en la mémoire de tous ceux qui ont laissé la vie au cours de ces douloureux événements. Je vous remercie. Le thème de la présente session, en raison de sa spécificité, des enjeux qu’elle sous-tend dans le contexte actuel de la mondialisation de l’économie et du commerce international des produits agricoles, des questions environnementales, des nombreuses applications en matière de santé, donne l’opportunité aux leaders de la société civile et du monde des affaires que nous sommes en majorité, de participer aux réflexions visant à transformer favorablement notre environnement, à anticiper l’avenir pour garantir à nos populations la sécurité alimentaire, la santé physique et mentale, bref, le bien-être qu’elles espèrent de tous leurs vœux. En effet, un des plus grands défis que notre peuple doit relever aujourd’hui au regard de sa situation géographique, des aléas climatiques et de la faiblesse de ses ressources, consiste à trouver les moyens d’influencer positivement le processus de mondialisation de manière à promouvoir un développement interne durable, à réduire les souffrances humaines, la pauvreté, la marginalisation et les exclusions de toutes sortes. Pour y parvenir, il nous faut imaginer une diversification des sources de croissance et pour l’heure, les opportunités tangibles sont celles que nous offrent le secteur du développement rural en général et de celui de l’agriculture en particulier, et où s’invitent tout naturellement et avec prégnance les biotechnologies et les Organismes Génétiquement Modifiés en particulier Mesdames et Messieurs les Conseillers, Distingués Invités Mesdames et Messieurs Vous le savez sans doute, les enjeux socioéconomiques de la biotechnologie alimentent, aussi bien au Burkina Faso qu’ailleurs, les débats au sujet des avantages liés à l’utilisation des OGM prônés par les défenseurs de cette science et les risques potentiels évoqués par les adversaires des OGM. Le débat sur les OGM oppose toujours deux camps aux arguments diamétralement opposés et aussi souvent extrémistes les uns que les autres. Pour les uns les cultures biotechnologiques constitueraient l’alternative à même de contribuer à répondre aux besoins alimentaires mondiaux par l'amélioration de la productivité agricole. Pour les autres elles seraient un danger pour la biodiversité. Au regard de la passion qui anime chaque camp et des implications potentielles sur la biodiversité développées par les uns et les autres, l’observateur de cette controverse peut légitimement se poser la question de savoir si les OGM ont plus d’avantages ou d’inconvénients pour la santé humaine, animale et pour l’environnement. C’est pour apporter sa réflexion à ce débat en cours dans notre pays que le Conseil économique et social a choisi de consacrer sa première session de l’année 2011 à ce thème d’importance : « Les enjeux socioéconomiques du développement des biotechnologies au Burkina Faso : cas des organismes génétiquement modifiés (OGM) ». Nous devrions nous attacher au cours de cette session à procéder à un examen approfondi sur les enjeux des biotechnologies en particulier les OGM, en vue de proposer des éléments de stratégie pour une bonne gestion de la question au Burkina Faso. Car la finalité de cet exercice c’est d’arriver à :

  • Une plus grande responsabilisation et à une meilleure professionnalisation des producteurs ;
  • A la diversification des espèces végétales et animales ;
  • à la création de structures d’appui à la promotion et à la valorisation des produits agricoles ;
  • à l’incitation du secteur privé et des investisseurs étrangers ;

Mais auparavant, osons nous questionner pour nous assurer que les politiques du gouvernement ont été suffisamment cohérentes pour permettre au secteur agricole de jouer pleinement son rôle de moteur de l’économie. Quels sont les voies et moyens pour orienter l’agriculture burkinabé vers une agriculture de marché en liant la production, son écoulement et sa transformation sur le marché en vue de procurer :

  • aux producteurs, des revenus considérables à même d’améliorer leurs conditions de vie ;
  • au secteur privé, des opportunités d’affaires ;
  • au pays, une croissance économique durable et une souveraineté alimentaire pérenne.


C’est à cette problématique que nous allons nous attaquer au cours des trois (3) prochaines semaines avec le concours d’éminentes personnalités politiques, des experts et acteurs de terrain dont les communications nous permettront à n’en pas douter, de donner un avis motivé sur les politiques et stratégies en cours. En tout état de cause, notre objectif, Mesdames et Messieurs les conseillers, sera atteint si au sortir de cette session, nos recommandations pouvaient contribuer à impulser la promotion et la valorisation des produits agricoles qui garantissent la souveraineté alimentaire et la sécurité sanitaire du consommateur. Je voudrais avant de clore mon propos, exprimer nos remerciements aux Institutions aux personnes ressources pour la précieuse collaboration qu’elles nous ont apportée au cours de tout le processus préparation de la présente session. Je suis reconnaissant à toutes les éminentes personnalités qui nous font encore l’honneur et l’amitié d’être des nôtres ce matin et de rehausser par leur présence l’éclat de la présente cérémonie. Mesdames et Messieurs les Conseillers ; Les exigences de notre mission commandent, notre assiduité et notre disponibilité totale aux travaux, aussi bien en plénière qu’en commissions, et je voudrais vous exhorter à en faire montre tout au long de ces trois semaines. Sur cette invite et en souhaitant plein succès à nos travaux, je déclare ouverte, la première session ordinaire de l’année 2011 du Conseil économique et social. Je vous remercie.